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Les exceptionnels bienfaits de la socio-esthétique

Par Renée ROUSIÈRE, Directrice fondatrice du Codes, et Aury D. CALTAGIRONE, Conseillère en Image Personnelle Socio-Esthéticienne Codes.

Nous sommes heureuses de rendre un dernier hommage à Mme Rousière, la fondatrice du CODES, récemment disparue, en publiant le texte de l’exceptionnelle communication qu’elle a présentée au salon Cosmobelleza, organisé par Les Nouvelles Esthétiques, édition espagnole, à Barcelone.

Nous sommes heureuses de rendre un dernier hommage à Mme Rousière, la fondatrice du CODES, récemment disparue, en publiant le texte de l’exceptionnelle communication qu’elle a présentée au salon Cosmobelleza, organisé par Les Nouvelles Esthétiques, édition espagnole, à Barcelone.

Au fil des années d’expérience, nous avons pris conscience de l’impact des soins esthétiques sur des personnes en état de souffrance, peu à peu l’idée s’est imposée que nos techniques esthétiques (modelage, manucurie, épilation…) pourraient s’adresser à des individus non-demandeurs pour qui le maintien ou la restauration de l’image corporelle peut constituer une aide précieuse dans une situation difficile. Notre pratique quotidienne nous amène à répondre chaque jour à une catégorie de personnes plus ou moins privilégiées pour lesquelles l’image projetée est devenue un élément important de la vie. Il s’agit aussi bien de personnes déstabilisées par la maladie, que des personnes âgées, handicapées ou en situation précaire dont les conditions de vie aboutissent à une perte progressive d’identité.

Les divers champs d’activité de la socioesthéticienne

La socio-esthéticienne peut intervenir, en divers champs d’activité, voici une liste non exhaustive :

En maternité

La visite de la socio-esthéticienne et les soins qu’elle prodigue auront un effet stimulant sur la jeune accouchée. Quelques subtils conseils esthétiques l’aideront à lutter contre les effets secondaires engendrés par la grossesse, comme le masque de grossesse, les vergetures, le maintien de la poitrine, la surcharge pondérale et autres conséquences indésirables.

En onco-gynécologie

Lors des interventions mutilantes comme l’ablation d’un sein ou de l’utérus qui atteignent la femme dans sa personnalité et sa féminité, le travail de la socio-esthéticienne, outre son rapport moral bénéfique, permettra à cette femme de découvrir et de mettre en valeur des attraits de son physique qu’elle ignorait peut être.

En psychiatrie

En psychiatrie où le schéma corporel est souvent perturbé, la démarche esthétique est loin d’être anodine.

  • Le modelage des mains ou du visage, pratiqué de préférence en vis-à-vis, pour bénéficier d’un effet miroir, aura, par son action apaisante, réhabilitante, une répercussion profonde sur le comportement de la malade et sur la perception de son corps.
  • Le maquillage, valorisant, a également une grande portée, parce qu’il fait référence aux «orifices» du visage (yeux, nez, bouche). Or, leur importance psychologique est bien connue : c’est grâce à eux que s’accomplissent les fonctions vitales, que se font les échanges avec le monde extérieur (la vue sur le monde, la respiration, l’alimentation).

Ces simples techniques esthétiques peuvent, à l’évidence, participer à la restructuration de l’image de soi. De plus, la mise en place de groupes de maquillage sous forme d’atelier, en collaboration avec un psychothérapeute, peut se révéler très positive par son côté ludique et éducatif

En cancérologie

Les interventions chirurgicales, la radiothérapie et les effets secondaires de la chimiothérapie entraînent une transformation importante de l’aspect physique. C’est donc très profondément que la personne malade est atteinte dans son image et la perception qu’elle a d’elle-même.
Les conseils de la socio-esthéticienne sont essentiellement conçus pour pallier les transformations subies par le corps pendant cette période. Par exemple, comment pallier de manière simple la chute des cheveux, la perte des cils et des sourcils, la fragilisation des ongles, l’amaigrissement ou les rondeurs du corps, ou bien encore, quelles sont les démarches à suivre pour acheter un accessoire vestimentaire, capillaire ou tout autre élément les mettant en valeur, trouver les couleurs et le style les plus adaptés à leur personnalité. En prenant soin d’eux, les patientes contribuent à rester maîtres de leur bien-être et de leur image personnelle.
Les équipes soignantes ont pu constater une diminution des nausées et moins d’appels pendant et après les soins esthétiques. La socio-esthéticienne accompagne les personnes de la phase curative à la phase palliative.

En gériatrie

A la charnière du monde hospitalier et social se trouvent les personnes âgées. La perte progressive de leurs facultés, un certain sentiment de désintérêt, de détachement, parfois la conscience de l’enlaidissement de leur visage sont, pour elles, autant de raisons suffisantes de repli sur elles-mêmes. Or, en institution, par le biais d’une épilation du visage, d’une beauté des mains, la socioesthéticienne sera le prétexte pour faire sortir de sa chambre la personne âgée, pour rétablir une autre forme de contact verbal et sensoriel.
Ces séances encouragent les résidents à garder leur identité en conservant une apparence soignée. Des techniques spécifiques, telles que les exercices de la main et des doigts, seront le support d’une animation supplémentaire. Tout ceci contribue à redynamiser la personne âgée et l’aider à accepter de vivre mieux et plus longtemps.

En médecine et chirurgie esthétiques

La socio-esthéticienne intervient en complément de la thérapie médicale. Avant une intervention, un nettoyage de peau améliore la qualité de l’épiderme et est le gage d’une meilleure cicatrisation. Après l’intervention, une technique spéciale de modelage assouplit en effet les cicatrices et embellit ainsi leur aspect. Par des jeux de physionomie, la socio-esthéticienne contribue à l’harmonisation de la mimique. Tant en médecine qu’en chirurgie esthétiques, lorsque le traitement médical ou chirurgical n’est plus possible, la socioesthéticienne aura recours au «maquillage correcteur».
Il s’adresse à toutes les dyschromies, qu’elles siègent sur la face ou sur le corps. Effectué avec des produits spéciaux qui résistent à l’eau, cet artifice sera d’un grand secours pour les personnes brûlées ou traumatisées par un défaut cutané, qu’il soit hypo, hyper pigmentaire ou hyper vasculaire. Cette pratique, mise au point et enseignée à chaque patient, les aidera à retrouver une vie sociale, professionnelle ou familiale plus épanouie.

Dans les centres de rééducation fonctionnelle

Ils sont de plus en plus sollicités par le nombre croissant de victimes d’accidents touchant principalement les jeunes. La coopération du sujet est primordiale pour l’amélioration de son état et son adaptation à une nouvelle situation. La séance de socio-esthétique avec toutes les techniques proposées stimule chez le patient le goût de plaire, et contribue à lui faire accepter son nouvel état, à retrouver son autonomie. Le modelage esthétique y tient une place prépondérante. Selon la façon dont il sera pratiqué, il aura un effet sédatif ou bien tonique, mais sera toujours réhabilitant.

Dans les centres de désintoxication

Beaucoup d’éthyliques, par honte et mépris d’eux-mêmes, négligent leur apparence. Certaines femmes se punissent en refusant tout soin esthétique. D’autres, au contraire, se cachent derrière un maquillage excessif qui leur sert de masque. Dès les premiers bienfaits de leur cure, quelle est leur demande ? Estomper les stigmates de leur maladie : teint brouillé ou congestionné, bouffissure des traits, cernes sous les yeux, ongles rongés, etc.

Dans le domaine social

La fragilité économique et l’évolution de la société contemporaine engendrent des problèmes de chômage, de séparation, de solitude, de manque d’argent, de délinquance, de violence. Aujourd’hui, la socioesthétique s’ouvre à ces populations grâce au parallèle qui peut être fait avec le monde médical. Nous retrouvons chez ces êtres toutes les fragilités psychologiques que nous pouvons rencontrer chez des personnes handicapées, hospitalisées, c’est-à-dire le sentiment d’une certaine injustice, le «pourquoi moi», le regard des autres, la différence, la mise à l’écart de la société allant parfois jusqu’à l’exclusion. Ne pas s’isoler dans ces problématiques est le maître mot pour ne pas sombrer dans la marginalité.

En milieu pénitentiaire

L’incarcération est par définition la privation de liberté : la perte de l’autonomie et de l’identité y sont à leur paroxysme, les détenues y oublient jusqu’à leur statut de femmes. Que deviennent-elles pendant leur détention ? Pour la plupart, ce sont des femmes qui ont perdu l’estime d’elles-mêmes, femmes sans visage qui ne sont plus regardées, femmes abîmées, femmes révoltées que la socio-esthéticienne va devoir «préparer» à mieux réintégrer la Société.
La socio-esthéticienne va tenter de remédier à leurs blessures avec tous les moyens dont elle dispose. De plus, dans cet univers «aseptisé» qu’est la prison, sans odeurs de l’extérieur où le paysage est bétonné, les seules couleurs des produits de maquillage prennent alors une toute autre dimension. Le toucher, l’odorat, la vue sont autant d’éléments qui font ressurgir les images positives du passé.
Ainsi, en prodiguant des soins matériels de confort, la socio-esthéticienne limite les effets de désocialisation amenés par l’incarcération en tentant de faire retrouver à la détenue sa dignité de femme, elle l’accompagne dans la construction d’un nouveau projet de vie et favorise par son action, l’insertion des futures libérées.

Conclusion

Pour tous ces divers groupes humains, le souci d’entretenir son apparence, de présenter à son entourage un visage plus plaisant, de garder l’estime de soi font partie de ces évidences nécessaires à la vie de chacun. La séance esthétique leur fait oublier leur statut momentanément dévalorisant, elle satisfait le besoin inné d’être reconnu en tant qu’individu à part entière. La présence d’une socio-esthéticienne près des malades, des personnes âgées, des marginaux est un moyen simple qui peut, sans être coûteux, sans outrepasser ses possibilités ni proposer des buts trop ambitieux, aider progressivement ces êtres éprouvés à se prendre eux-mêmes en charge. En faisant bénéficier les malades, les démunis de nos soins socio-esthétiques, notre souhait, notre ambition est de contribuer à faire naître en eux une nouvelle image extérieure et intérieure plus gratifiante, plus valorisante.
La recherche de la beauté peut paraître difficile à saisir quand elle émane des personnes malades, handicapées, âgées ou en rupture sociale. Mais pour mieux comprendre cette recherche, il faut savoir que, au-delà de l’aspect apparemment futile, la beauté recherchée n’est pas seulement une amélioration de l’aspect extérieur, mais aussi une sensation, une résonance intérieure. Cette beauté n’a pas d’âge, pas de sexe, elle est infiniment plus profonde, elle est sans limite, c’est la sérénité, l’équilibre. Le sujet devient plus autonome, plus créatif, plus sûr de lui. C’est la restauration de l’identité et du contact social.
Comme vous pouvez le constater, la socioesthétique est désormais une complémentarité éprouvée et reconnue, dans la prise en charge globale de la personne soignée ou en réinsertion sociale. Elle a comme base le noble métier de l’esthétique, l’exercer autrement donne à notre merveilleux métier ses lettres de noblesse.

Codes, 2 bd Tonnellé,
37044 Tours cedex.
Tél. 02 47 47 47 47.


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